G7 : Rapport sur la lutte présente et à venir



Ce 8 et 9 juin, La Malbaie recevra les dirigeant.e.s des sept États (capitalistes) les plus puissants de la planète pour traiter de problématiques planétaires qui ont toutes pour réponses le perfectionnement de notre exploitation et de notre domination. Ce n’est pas par hasard que c’est dans un tel lieu isolé des grandes concentrations urbaines – en tant qu’elles sont aussi des concentrations de misère – que se tient cet événement abject, c’est précisément pour fuir la révolte qu’il provoque (pensons notamment à Seattle 1999, Québec 2001, Toronto 2010, etc.)

La présence pestilentielle des représentant.e.s étatiques oblige, les sbires de l’État ont anticipé le coup et quelques « 7000 policiers et militaires [seront] déployés dans la ville et ses environs. Tireurs d’élite positionnés sur les toits, utilisation de drones et de caméras de surveillance », rien ne sera laissé au « hasard » des situations imprévisibles que représente l’éclatement violent de la lutte des classes. Une seule question se pose maintenant : où ferons-nous la fête?

Ce n’est qu’en réfléchissant sur le rapport qu’entretient le capital avec l’espace que la réponse peut être dégagée : en s’universalisant, le capital s’est rendu par là même universellement vulnérable, c’est-à-dire que là où il y a exploitation, lutte il y a. À La Malbaie, Québec, Pékin ou à Athènes, le contenu de la lutte des classes reste identique – malgré les formes particulières qu’elle prend – c’est une lutte contre le capital et le monde qu’il détruit à son image. S’attaquer au capital ici ou , c’est matérialiser notre refus pratique de reproduire, peu importe où, une existence sociale genrée, aliénée et déchirée telle qu’elle n’incarne plus qu’un simple rôle imposé.

Considérant le suicide stratégique que représente l’idée de perturber le G7 à La Malbaie, c’est à Québec que se tiendra le véritable contre-sommet parce que c’est que se présentent les conditions réelles d’une lutte victorieuse. Victorieuse au sens où nous faisons de cet événement une occasion de subvertir le rapport social capitaliste là où il se concentre, de perturber logistiquement le séjour des dignitaires contraint.e.s de loger à Québec, tout en produisant un temps et un espace momentanément libérés du capital – un temps nôtre. C’est un rapport social très matériel qu’il s’agit de combattre et non pas de stupides « têtes d’affiches » à la Trump; c’est à ce qui les rend possibles que nous nous attaquerons.

Nous préférons l’odeur d’un brasier urbain à celle d’un potentiel cadavre d’un.e membre du G7.

Question de goût.

– Temps Libre, janvier 2018


Une réflexion sur “G7

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